samedi 7 mai 2016

25 ans après la révolte des jeunes à Forest Première, deuxième, troisième génération, toujours la répression…

Le 10 mai 1991 éclatait à Forest, en Belgique, la première révolte de jeunes issus de l’immigration. Suite à un énième contrôle au faciès par des policiers communaux, le quartier s’enflammait. La révolte dura trois jours, elle s’étendit un peu aux communes avoisinantes, Saint-Gilles, Anderlecht… Elle ne prit jamais l’ampleur des révoltes que la France connaîtra régulièrement et, spectaculairement, en novembre 2005. Et pourtant, elles ont marqué définitivement la politique nationale et communale, et même la politique tout court, à l’égard des jeunes des quartiers populaires de Bruxelles. Vingt-cinq ans plus tard, la réponse des gouvernants de l’époque à la révolte des jeunes Bruxellois permet certainement d’éclairer les raisons du mal-être d’une partie de plus en plus grande de notre jeunesse. Y compris de ceux qui ont tenté de mettre fin à ce mal-être en entamant le grand voyage vers la Syrie et, pour certains d’entre eux, vers le terrorisme. Car la seule réponse aux demandes de la jeunesse qui a été la mise en place, ce sont les contrats de sécurité. Aux jeunes qui revendiquaient l’arrêt des contrôles policiers au faciès, la fin des arrestations arbitraires, la reconnaissance d’un statut de citoyen à part entière, tous les partis politiques répondirent par le renforcement du dispositif policier et l’intégration de toutes les politiques de terrain dans ce dispositif.


Contrats de sécurité et de prévention

Le Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine retrace l’historique des contrats de sécurité de la manière suivante : « Pour rappel, suite aux événements dramatiques des années 1980 (agressions attribuées aux " Tueurs du Brabant ", attentats commis par les Cellules communistes combattantes, drame du Heysel et émeutes de Forest), face à l’augmentation conjointe de l’insécurité et du sentiment d’insécurité, le gouvernement s’est engagé le 9 mars 1992 à développer une politique contractuelle associant l’État, les Régions et les Communes, soit à développer les premiers contrats de sécurité. Cet accord gouvernemental a prévu, en outre, la constitution d’une structure permanente détenant des compétences en matière de prévention : le Secrétariat permanent à la Politique de Prévention »[1].

Il est utile de revenir sur l’énumération des faits dramatiques.
Les meurtres de la Bande de Nivelles
En deux vagues s’étalant de 1982 à 1985, les tueurs du Brabant, appelés également les tueurs fous et la Bande de Nivelles, ont perpétré une série d’attaques à main armée visant des supermarchés. Elles avaient été précédées d’attaques dans des armureries. Ces attaques ont fait 28 morts, dont des enfants, et 22 blessés ; les faits se sont produits dans  une dizaine d’endroits différents en Belgique. Les tueurs n’ont jamais été retrouvés. Beaucoup d’hypothèses ont été émises, dont celle de l’extrême droite, mais n’ont jamais été validées par la justice.

Les Cellules Communistes Combattantes sont quant à elles un groupe clairement politique, se revendiquant de l’idéologie marxiste-léniniste. Elles sont fondées en 1983 et commettent une série d’attentats violents, jusqu’à l’arrestation de leurs membres en 1985. Les cibles des attentats sont militaires, en particulier les installations de l’OTAN. Pour les CCC, il s’agit d’appliquer la politique de la « propagande armée ». La dernière opération des CCC, le 1er mai 1985, vise le siège du patronat belge, à Bruxelles, mais elle tourne mal : deux pompiers appelés sur place sont tués par l’explosion de la camionnette placée par les CCC. Celles-ci affirmeront n’avoir jamais voulu tuer personne et accuseront la gendarmerie de manipulations de la communication.

Le drame du Heyzel est certainement le plus meurtrier des événements violents des années quatre-vingt. Le 29 mai 1985 à Bruxelles a lieu la finale de Coupe d'Europe des clubs champions 1984-1985 entre Liverpool et la Juventus. Suite à des poussées des supporters, des grilles de séparation et un muret s'effondrent. Le match se transforme en tragédie : 39 morts et plus de 454 blessés.

La décennie quatre-vingt a donc été particulièrement violente : au total, 69 morts et près de 500 blessés.

Prenons maintenant le bilan de la révolte des jeunes de Forest : en mars 1993, trois jeunes hommes comparaissent pour les délits constatés au cours des émeutes. « Le ministère public les poursuit à des titres divers pour avoir méchamment entravé la circulation, avoir tenté de bouter le feu à des voitures de police et de gendarmerie ou encore pour avoir agressé un policier et trois gendarmes »[2]. Jets de cocktails Molotov vers les policiers et les gendarmes, faits reconnus par les inculpés, mais du côté des dégâts : pas de morts, pas de blessés graves, pas de destructions …
La première chose qui choque est que tous ces événements sont mis sur le même pied… alors que ceux de Forest ne comportent aucun caractère meurtrier, à la différence des autres.
Et pourtant, ce sont bel et bien les révoltes de Forest qui vont être l’élément décisif pour la mise en place des contrats de sécurité. Car cette révolte a été traitée, dès le début, comme un acte criminel et c’est toute la population du quartier qui l’a vécue comme telle : « Dans les quatre cafés qui bordent le parvis, les conversations vont bon train. On raconte avec mille et un détails les fouilles, les menottes, les transferts vers les écuries (nettoyées) de la gendarmerie, les photos anthropométriques, les prises d'empreintes, les questions parfois indiscrètes sur l'état de leurs dents ou sur leur santé »[3]. « Quinze arrestations administratives vendredi soir, quatre samedi, 204 dimanche. Des jeunes et des moins jeunes ont été fouillés et menottés. Ils ont passé la nuit dans les anciennes écuries de la gendarmerie avant d'être relâchés par petits paquets hier »[4]. Quelqu’un s’est-il soucié par la suite de ce que sont devenus ces jeunes et ces moins jeunes maltraités de la sorte ?

Même si le projet des contrats de sécurité était déjà dans les cartons en novembre 1990, il n’y a aucun doute sur le fait que leur mise en place a été décidée suite à Forest : « Le point de départ a été les émeutes dans les communes de Saint-Gilles et de Forest en 1991 qui témoignaient d'un mal-être chez certaines populations fragilisées »[5]. Tous les bilans communaux, toutes les études de sociologie ou de criminologie en font état. Les contrats de sécurité sont définis dans le cadre de la prévention de la criminalité. Et c’est là que les responsables politiques ont donné un signe extrêmement fort à toute la population. Les Tueurs Fous du Brabant, les Cellules Communistes Combattantes, les hooligans à l’origine des poussées mortelles au Heyzel avec leurs 69 morts et leurs 700 blessés n’ont pas été suffisants pour mettre en place des actions contre la criminalité. Mais la révolte de jeunes demandant l’égalité des droits et le respect, qui n’ont tué ni blessé personne, oui ! 
La une du journal flamand De Morgen 

Et, comme il fallait s’y attendre, le résultat de ce message fort lancé à la population, et par la même occasion aux électeurs, ne s’est pas fait attendre : le 24 novembre 1991, l’extrême droite faisait sa première percée spectaculaire en Belgique, récoltant sur l’ensemble du pays, tous partis et groupuscules confondus, 479.917 voix. Un dimanche « noir », peut-être, mais un dimanche prévisible, résultat de politiques introduites, non par la NVA mais bien par les partis classiques, socialistes en tête.


"Une nouvelle sorte de prolétariat"

C’est en effet Louis Tobback, alors ministre SP de l’Intérieur qui lance officiellement les contrats de sécurité et de prévention en mars 1992. C’est un libéral bon teint, Jacques Simonet, alors président de la Région Bruxelloise, qui rappelle qu’« un contrat de sécurité doit s'articuler autour d'un double objectif. Assurer une plus grande présence visible des forces de l'ordre, via le recrutement de policiers et de civils qui libèrent les forces de l'ordre des contraintes administratives. Et, en ce qui concerne la prévention, répondre au manque d'offre d'encadrement de certains jeunes «candidats délinquants »[6]. Le message à la jeunesse est clair : il faut l’encadrer car elle recèle de futurs délinquants. Son père, Henri Simonet, socialiste lui, a bien éduqué son fils. Comme bourgmestre PS d’Anderlecht, il déclarait, lors d’une séance du conseil communal en mai 1982 : « Comme chef de la police d’Anderlecht, je dois assumer mes responsabilités. Pour résoudre le problème des étrangers, il est nécessaire de réfléchir et d’utiliser la répression, surtout contre les étrangers de la seconde génération, qui constituent une nouvelle sorte de prolétariat. La sécurité des Anderlechtois doit tout de même être garantie »[7]. Non, ce n’est ni Bart De Wever, ni Jan Jambon qui s’expriment ainsi, mais bien un bourgmestre socialiste des années quatre-vingt. D’ailleurs, pour ce qui est des ministres de l’Intérieur et afin de ne pas oublier les sociaux-chrétiens, déjà en 1987, Joseph Michel (PSC), alors ministre de l’Intérieur, « parlait ainsi des immigrés «non CEE» dans une interview : «Je ne puis les qualifier autrement que de barbares... Ils n'ont rien de commun avec notre civilisation[8]
C’est encore une socialiste, Magda De Galan, alors bourgmestre de Forest qui lance un message complémentaire à cette même jeunesse : « Magda de Galan, bourgmestre de Forest ne comprend visiblement pas ce qui lui arrive. Pourquoi à Forest, pourquoi des incidents aussi durs et répétés. Mais elle n'entend pas non plus céder au seul réflexe de la répression. Nous avons reçu le consul du Maroc et dès demain, les autorités marocaines vont tenter d'ouvrir un dialogue positif avec les associations de commerçants, avec les gens du quartier, a-t-elle expliqué, dimanche soir, à l'issue d'un entretien avec des représentants du Maroc »[9]. Les jeunes Forestois, même si la plupart sont nés ici et se revendiquent comme membres à part entière de la société belge, sont renvoyés au statut de Marocains. La bourgmestre ne « comprend pas ce qui arrive » et délègue sa responsabilité politique aux … autorités marocaines ! Rappelons qu’à l’époque, le Maroc vit toujours sous la férule d’Hassan II, un grand spécialiste en matière de traitement de la jeunesse révoltée. Sept ans auparavant, le régime avait maté la révolte des jeunes de Nador à coups de balles réelles, faisant 16 morts. Pour justifier cette intervention musclée, Hassan II avait traité les jeunes de « déchets de la société » (awbach), ce qui n’a naturellement pas entaché les excellentes relations de la Belgique avec le régime marocain. Quand l’actuel ministre de l’Intérieur, Jambon, propose de faire appel aux polices marocaines pour mettre de l’ordre dans les quartiers, il ne fait que poursuivre sur la lancée d’une bourgmestre … socialiste. Car, selon le ministre, « nos agents ne savent pas toujours bien comment réagir lors d’interventions dans certains quartiers »[10]. Cela n’a rien d’étonnant, puisque rien n’a été changé dans la police depuis 25 ans alors que les jeunes de Forest demandaient tout simplement le respect de la part des forces de l’ordre. Mais qui de nos dirigeants a jamais attaché la moindre attention aux demandes concrètes des révoltés ?


On ne peut conclure cette esquisse de l’ambiance en 1991, sans rappeler que cette année noire a commencé par la première guerre du Golfe, elle-même précédée dès août 1990 d’un embargo meurtrier contre l’Irak. Cette première guerre consécutive à la disparition de la « menace soviétique » a inauguré une guerre ininterrompue contre les pays du Golfe et le monde arabo-musulman en général. Dès le début, elle a, à juste titre, mobilisé la jeunesse des quartiers qui ont rejoint les manifestations anti-guerre. Cette participation au combat anti-impérialiste a été immédiatement visée par la répression. Le 3 septembre 1990,  Charles Picqué, PS, alors ministre-président de la Région bruxelloise adresse une lettre à son compère politique, Valmy Féaux, ministre-président de la Communauté française, pour lui demander une intervention contre les radios arabes libres. Il la justifie en ces termes : «  Insidieusement, des appels à une nécessaire mobilisation des masses arabo-musulmanes contre l’impérialisme américain et occidental risquent de précipiter dans les rues bruxelloises des populations maghrébines abusées par des manipulations extrémistes et irresponsables. Le souvenir de la manifestation d’avril 1986, qui a suivi le bombardement américain de tripoli reste vivace et les conséquences d’une pareille manifestation seraient néfastes, et surtout pour les populations d’origine maghrébine » [11].
C’est le premier signe clair que dorénavant les populations maghrébines seront suspectes, non plus seulement à cause de leur provenance étrangère, mais aussi à cause de leur religion et de leurs positions anti-impérialistes et anti-américaines. Il insiste un an plus tard : « Dans sa lettre adressée à Bernard ANSELME à propos des radios de la Fréquence arabe (cf. communiqué de presse du 23/10/1992), Charles PICQUE se plaint de ce que les émissions diffusées par celles-ci ne répondent pas à "la volonté de l'exécutif bruxellois »[12]. En refusant aux « masses arabo-musulmanes » un droit qu’on accorde aux autres, celui de protester contre une politique jugée injuste, le socialiste Picqué enferme les travailleurs immigrés et leurs enfants dans le statut qu’on leur destine depuis leur arrivée : « Travaille et tais-toi, tu n’es pas chez toi ! ».

Les contrats de sécurité, la nouvelle pompe à fric des « acteurs de terrain »
Les contrats de sécurité, devenus par la suite contrats de sécurité et de prévention en 2002, vont petit à petit absorber toute la politique envers la jeunesse : ils ont en effet pour objectif « une meilleure intégration des groupes cibles, via des projets tels que : Service de prévention de l’agression et sensibilisation à la plainte, Travail de rue, Animations socio-sportives ou culturelles, Maison de quartier, Maison de jeunes, Fan coaching, Prévention dans les écoles, Actions de prévention à l’égard des personnes âgées, Prostitution, Permanences psycho-sociales à destination des jeunes et des familles, Professions à risques, Service juridique de 1ère ligne, Lutte contre le décrochage scolaire via la médiation scolaire communale ». La lutte contre la toxicomanie en est un autre. Ce qui signifie que toute la politique envers la jeunesse doit être considérée comme une politique de prévention de la criminalité. Vous voulez un subside ? Expliquez que vous êtes capable de prévenir la criminalité dans la jeunesse par l’organisation de vos activités. Et naturellement travaillez dans une commune avec « un haut taux de criminalité » car « sont retenues, les communes qui ont les taux de criminalité par habitant les plus élevés. Il n’a pas été tenu compte ici de tous les types de criminalité, seuls les chiffres relatifs aux vols de voitures, aux autres vols (à l’exclusion des vols de vélos), le vandalisme, les coups et blessures en dehors de la sphère familiale ont été déterminants »[13]. Naturellement, on n’a pas tenu compte de « tous les types de criminalité », comme la criminalité en col blanc et les contrats ne visent pas non plus tous les profils socio-économiques : « Sont reprises au sein du dispositif des contrats de sécurité, les communes qui ont les revenus moyens par habitant, les plus faibles, qui ont une population excédant 10 000 habitants, et qui connaissent des problèmes de criminalité sans être celles qui ont les taux de criminalité les plus élevés ». 

Le croissant pauvre

Or les communes avec les revenus les plus faibles en Région bruxelloise, sont aussi les communes où la part de la population issue des diverses immigrations est la plus grande. La concentration des plus pauvres ? La concentration du chômage ? La plus haute densité de population ? Le plus faible niveau de scolarisation ? La population la plus jeune ? Les populations d’origine marocaine et turque ? À toutes ces questions, une seule réponse : le croissant pauvre, soit les communes où ont éclaté les révoltes de 1991 et où se sont produites toutes les révoltes depuis en région bruxelloise. On pourrait ajouter que  le risque de tomber sous le seuil de pauvreté s’élève à 12% pour les Belges, à 22% pour les Européens du sud, à 33% pour les Turcs et à 54% pour les Marocains .On pourrait y ajouter que l’espérance de vie d’un enfant né dans le croissant est de 76 ans, alors qu’un enfant né à Boitsfort ou Woluwé en reçoit cinq de plus ! Il s’agit de la même différence que celle qui existe entre un enfant né en Belgique ou au Mexique, comme le constate Plouf ![14]. 

Après les contrats de sécurité, les plans pour la déradicalisation

Plouf ! est une revue qui se définit comme « Un pavé dans le canal ». Et nous voilà tout naturellement amenés au « Plan canal contre l’islamisme et la radicalisation » cher à Jan Jambon. Vingt-cinq ans après la révolte de Forest, voici qu’à nouveau les mêmes communes, encore et encore !, sont ciblées par l’intervention policière : « Le Plan Canal, initialement prévu pour la seule commune de Molenbeek-Saint-Jean, a été étendu à sept autres communes (Bruxelles-Ville, Koekelberg, Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode, Anderlecht, Saint-Gilles, Vilvorde) englobant cinq zones de police. La police locale sera notamment chargée d’assurer le suivi des mosquées et des salles de prière mais aussi de repérer les immeubles subdivisés en unités locatives non réglementaires. Les agents seront formés au suivi des personnes radicalisées. Cette opération, qui nécessite l’engagement de nouveaux policiers, aura un coût estimé à 15 millions d’euros, mais l’addition pourrait encore augmenter »[15].

À nouveau plus d’argent pour la répression et le contrôle. Les policiers peuvent dorénavant visiter les domiciles sans mandat de perquisition, comme nous le montrait récemment un reportage télévisé de la RTBf : « Grâce aux 400 millions d’euros du plan contre le radicalisme, une cinquantaine de policiers sont temporairement mis à disposition de la zone de police de Bruxelles Ouest. Parmi leurs nombreuses missions, celle d’effectuer des visites domiciliaires à Molenbeek. Menées par les agents de quartier, ces visites sont issues d’un nouveau règlement qui va systématiser les enquêtes de voisinage pour chaque nouvel arrivant dans la commune. L’objectif est donc d’aider la police à mieux identifier les nouveaux habitants. Et ce, sans mandat »[16]
Nos dirigeants sont plus que jamais incapables de résoudre toute question sociale et politique autrement que par toujours plus de guerre, toujours plus de répression. Ceux qui protestent aujourd’hui, même faiblement, contre les déclarations de Bart De Wever ou de Jan Jambon oublient qu’ils ont pavé la voie à ces politiques en niant systématiquement, depuis un quart de siècle, les aspirations légitimes d’une partie importante de notre jeunesse populaire et de leurs familles et en répondant à toute revendication sociale et politique par la répression et le tout sécuritaire.
Tout le monde est « stupéfait » que des jeunes, maintenant souvent de la troisième génération, ne trouvent pas leur place dans cette société et en arrivent aux actes les plus extrêmes et les plus condamnables. Il ne s’agit pas d’analyser « le parcours individuel », « les conditions socio-économiques » et encore moins « le contexte familial » de ces jeunes pour faire face à la radicalisation. Il s’agit de mettre un terme à la radicalité des politiques de nos gouvernants, à leur aveuglement policier et guerrier.



[4] idem
[7] Albert Martens, Diviser pour régner, le racisme comme stratégie, EPO, 1983, page 98
[11] Lettre de Charles Picqué à Valmy-Féaux, document disponible dans mes archives personnelles.

vendredi 6 mai 2016

25 jaar na de opstand van de jongeren in Vorst –
Eerste, tweede, derde generatie, altijd repressie...
Op 10 mei 1991 barstte in Vorst, in België, de eerste opstand van jonge migranten los. Na een zoveelste politiecontrole op basis van hun huidskleur, ontvlamde de buurt. De opstand duurde drie dagen, hij breidde een beetje uit tot de omliggende gemeenten, Sint-Gillis, Anderlecht... Maar hij kende nooit de omvang van de opstanden die Frankrijk regelmatig kent, waaronder de meest spectaculaire, die van november 2005. Toch heeft hij de nationale en gemeentelijke politiek, en zelfs de hele politiek tegenover de jongeren in de volkswijken van Brussel, definitief bepaald.
Het antwoord van de regeringen op de opstand van de jongeren toen, laat vijfentwintig jaar later toe de oorzaken van de malaise van een steeds groter deel van onze jeugd beter te begrijpen. Met inbegrip van hen, die geprobeerd hebben om een einde te maken aan deze malaise door de grote reis naar Syrië te ondernemen en, die sommigen onder hen, naar het terrorisme hebben doen grijpen. Immers, het énige antwoord op de verzuchtingen van de jongeren, waren de veiligheidscontracten. Op de jongeren die het einde eisten van de politiecontroles op basis van hun uiterlijk, het einde van de willekeurige arrestaties en een erkenning als volwaardig burger, antwoordden alle politieke partijen met de versterking van het politieapparaat en met de integratie van alle beleidsmaatregelen op het terrein in dit apparaat.

Veiligheids-en preventiecontracten
Het Belgisch Forum voor Preventie en Veiligheid in de Steden beschrijft de geschiedenis van de veiligheidscontracten als volgt: “Ter herinnering: als gevolg van de dramatische gebeurtenissen van de jaren 1980 (de moordpartijen toegeschreven aan de ‘Bende van Nijvel’, de aanslagen door de CCC, het Heizeldrama en de rellen in Vorst), geconfronteerd met een toenemende onveiligheid en een onveiligheidsgevoel, heeft de regering er zich op 9 maart 1992 toe geëngageerd een contractueel beleid te ontwikkelen, dat de Staat, de Gewesten en de Gemeenten verenigde in de uitwerking van de eerste veiligheidscontracten. Dit regeringsakkoord voorzag onder andere in de oprichting van een permanente structuur, die de bevoegdheden inzake preventie kreeg: het Vast Secretariaat voor Preventiepolitiek”. (1)

Het is nuttig om terug komen op de opsomming van deze dramatische gebeurtenissen.


Tussen 1982 en 1985 pleegden de moordenaars van de Bende van Nijvel in twee golven een serie gewapende aanvallen op grootwarenhuizen. Eerder waren er al aanvallen op wapenhandels geweest. Bij deze aanvallen vielen 28 doden, waaronder kinderen, en 22 gewonden. Deze aanslagen vonden plaats op een tiental verschillende plaatsen in België. De moordenaars werden nooit gevonden. Vele hypothesen zijn geuit, waaronder de piste van extreemrechts, maar nooit werd iemand veroordeeld.
De CCC was een politieke groep, die zich beriep op de marxistisch-leninistische ideologie. De CCC werd in 1983 opgericht en pleegde een reeks gewelddadige aanslagen, tot aan de arrestatie van hun leden in 1985. De doelwitten van de aanslagen waren militair, in het bijzonder werden NAVO-installaties geviseerd. Voor de CCC ging het erom de politiek van de “gewapende propaganda” toe te passen. De laatste operatie van de CCC, op 1 mei 1985, was gericht tegen het hoofdkwartier van de Belgische werkgeversorganisatie in Brussel. Maar het liep mis: twee brandweerlieden die ter plaatse geroepen werden, vonden de dood doordat de bomauto, die de CCC daar geplaatst had, ontplofte. De CCC verklaarde dat ze nooit de bedoeling heeft gehad om iemand te doden en beschuldigde de rijkswacht van manipulatie van de communicatie.
Het Heizeldrama was zeker de meest dodelijke gebeurtenis van alle gewelddadige gebeurtenissen van de jaren 1980. Op 29 mei 1985 ging in Brussel de finale door van de Europese Beker van de landskampioenen van 1984-1985 tussen Liverpool en Juventus. Door het geduw van supporters storten de hekkens en een muur in. De wedstrijd veranderde in een tragedie: 39 mensen lieten het leven en meer dan 454 anderen werden gewond.

Het decennium tachtig was dus bijzonder gewelddadig: in totaal vielen er 69 doden en bijna 500 gewonden.
Laat ons nu eens kijken naar de opstand van de jongeren in Vorst. In maart 1993 verschijnen drie jonge mannen voor de rechtbank omwille van de strafbare feiten die tijdens de rellen vastgesteld werden. “Het Openbaar Ministerie vervolgt hen voor verschillende redenen: opzettelijke belemmering van het verkeer, poging om voertuigen van politie en rijkswacht in brand te steken en agressie tegenover een politieagent en drie rijkswachters '[2]. De beschuldigden gaven toe molotovcocktails naar agenten en rijkswachters gegooid te hebben. Er was schade, ja. Maar er waren geen doden, geen zwaargewonden, geen vernielingen.
Het eerste dat tegen de borst stoot, is dat al de voornoemde gebeurtenissen op een en dezelfde lijn worden gezet...  terwijl er in Vorst geen enkele dode viel, in tegenstelling tot al de andere.
En toch zijn het wel degelijk de opstanden van Vorst, die het doorslaggevende element zullen zijn voor het opzetten van de veiligheidscontracten. Deze opstand is immers van in het begin behandeld als een crimineel feit en heel de bevolking van de wijk heeft dat zo beleefd.
“In de vier cafés aan het plein wordt er druk gepraat. Met vertelt met duizend en één details over de fouilleringen, de handboeien, de transporten naar de (gereinigde) stallen van de rijkswacht, de antropometrische foto's, het nemen van vingerafdrukken, de soms indiscrete vragen over de staat van hun tanden of hun gezondheid” (3). “Vijftien administratieve aanhoudingen op vrijdagavond, vier op zaterdag, 204 op zondag. Jongeren en minder jongeren zijn gefouilleerd en geboeid. Ze hebben de nacht in de voormalige stallen van de rijkswacht doorgebracht, vooraleer ze gisteren in kleine groepjes vrijgelaten werden” (4).
Heeft iemand zich zorgen gemaakt over wat er van deze slecht behandelde jongeren en minder jongeren later geworden is?

Zelfs als het ontwerp van de veiligheidscontracten al in november 1990 op papier stond, dan lijdt het geen enkele twijfel dat er tot de inwerkingstelling ervan na de rellen in Vorst beslist werd. ”Het uitgangspunt waren de rellen in de gemeenten Sint-Gillis en Vorst in 1991, die getuigden van de malaise onder sommige kwetsbare bevolkingsgroepen” (5). Alle gemeentelijke evaluaties, alle sociologische of criminologische studies bewijzen dit. De veiligheidscontracten worden gedefinieerd in het kader van de preventie tegen de criminaliteit. En daarmee hebben de politieke verantwoordelijken een erg sterk signaal gegeven aan heel de bevolking. De Bende van Nijvel, de CCC, de losgeslagen hooligans op de Heizel, die alles samen verantwoordelijk waren voor 69 doden en 700 gewonden, hebben geen speciale acties tegen de criminaliteit uitgelokt. Maar de opstand van jongeren, die gelijke rechten en respect vroegen, die niemand gedood of gewond hadden, die was wel voldoende!


Zoals te verwachten was, lieten de gevolgen van deze krachtige boodschap aan het publiek, en dus aan de kiezers, niet lang op zich wachten: op 24 november 1991 realiseerde extreemrechts zijn eerste spectaculaire doorbraak in België. Alle extreemrechtse partijen en splinterpartijtjes samen behaalden 479.917 stemmen. Het was misschien een 'Zwarte Zondag’, maar het was in elk geval een voorspelbare zondag. Het resultaat van een beleid dat niet door de NVA, maar wel degelijk door de klassieke partijen gevoerd werd, de socialistische op kop.


"Een nieuw soort proletariaat"
Het is inderdaad Louis Tobback, op dat moment SP-minister van binnenlandse zaken, die in maart 1992 officieel de veiligheids- en preventiecontracten lanceerde.
Een rasechte liberaal, Jacques Simonet, op dat ogenblik voorzitter van het Brussels Gewest, stelde dat ”een veiligheidscontract een dubbel doel moet beogen. Zorgen voor een meer zichtbare aanwezigheid van de ordediensten door de aanwerving van politieagenten en van burgers, die de ordediensten van administratieve last bevrijden. En, wat preventie betreft: een antwoord bieden op het gebrek aan omkadering van bepaalde jonge ‘kandidaat-delinquenten’” (6). De boodschap aan de jeugd is duidelijk: ze moet omkaderd worden, want ze herbergt toekomstige delinquenten. De vader van Jacques was Henri Simonet, een socialist, die zijn zoon het goede voorbeeld heeft gegeven. Als PS-burgemeester van Anderlecht verklaarde hij tijdens een zitting van de gemeenteraad in mei 1982 : ”Als hoofd van de politie van Anderlecht moet ik mijn verantwoordelijkheid opnemen. Om het probleem van de vreemdelingen op te lossen, is het noodzakelijk om na te denken en gebruik te maken van repressie, vooral tegen de tweede generatie vreemdelingen, die een nieuw soort proletariaat vormen. De veiligheid van de Anderlechtenaars moet toch gegarandeerd zijn” (7). Nee, het is niet Bart De Wever, noch Jan Jambon die hier aan het woord is, maar wel degelijk een socialistisch burgemeester uit de jaren tachtig. Wat de ministers van binnenlandse zaken betreft, mogen we de christendemocraten niet vergeten. In 1987 sprak Joseph Michel (PSC), op dat ogenblik minister van binnenlandse zaken, in een interview als volgt over “de migranten van buiten de EEG”: Citaat : “Ik kan hen niet anders dan barbaren noemen... Zij hebben niets gemeen met onze beschaving” (8).
Het is nog een andere socialiste, Magda De Galan, op dat moment burgemeester van Vorst, die nog een bijkomende boodschap voor diezelfde jongeren had. ”Magda de Galan, burgemeester van Vorst begrijpt zichtbaar niet wat haar overkomt. Waarom Vorst, waarom zulke zware en herhaalde incidenten? Ze wil niet dat repressie het enige antwoord zou zijn. Zondagavond, na een ontmoeting met vertegenwoordigers uit Marokko, verklaarde ze: we hebben de consul van Marokko ontvangen en vanaf morgen gaan de Marokkaanse autoriteiten proberen een positieve dialoog aan te gaan met de verenigingen van handelaren, met de mensen van de wijk” (9). De jongeren van Vorst, waarvan het merendeel hier geboren is, en die als volwaardige leden van de Belgische samenleving willen erkend worden, worden teruggeduwd naar hun statuut van Marokkaan. De burgemeester “begrijpt niet wat er gebeurt” en dus delegeerde ze haar politieke verantwoordelijkheid aan… de Marokkaanse autoriteiten! Herinneren we eraan dat op dat moment Marokko nog steeds onder Hassan II leefde, een grote specialist in de behandeling van rebelse jongeren. Zeven jaar eerder had zijn regime de opstand van de jeugd van Nador met echte kogels neergeslagen en daarbij 16 doden gemaakt. Ter rechtvaardiging van deze gespierde interventie, had Hassan II de jongeren "de afval van de samenleving" (awbach) genoemd. Hetgeen de uitstekende betrekkingen van België met het Marokkaanse regime natuurlijk niet aantastte. Wanneer de huidige minister van binnenlandse zaken, Jambon, voorstelt om beroep te doen op de Marokkaanse politiediensten om orde te scheppen in de wijken, dan doet hij niets anders dan verdergaan op de weg die gebaand is door een… socialistische burgemeester. Volgens Jambon “weten onze agenten niet altijd goed hoe ze moeten reageren tijdens interventies in sommige wijken” (10). Dat moet ons niet verbazen, want er is in die 25 jaar niets veranderd bij de politie. Nochtans vroegen de jongeren van Vorst gewoon maar respect van de kant van de ordediensten. Maar welke van onze leiders heeft ooit de geringste aandacht besteed aan de concrete eisen van de revolte?


We kunnen deze schets van de sfeer in 1991 niet afsluiten zonder te vermelden dat dit sombere jaar begonnen was met de eerste Golfoorlog, die zelf voorafgegaan werd door een moorddadig embargo tegen Irak vanaf augustus 1990. Deze eerste oorlog na het verdwijnen van de ”Sovjetdreiging”', was het begin van een onafgebroken oorlog tegen de landen van de Golf en tegen de Arabische en de islamwereld in het algemeen. Vanaf het begin waren de jongeren van de wijken hierrond gemobiliseerd en sloten ze zich aan bij de manifestaties tegen de oorlog. Deze deelname aan de anti-imperialistische strijd werd onmiddellijk geviseerd door de repressie. Op 3 september 1990 richtte Charles Picqué, toen PS-minister-president van het Brussels Gewest, een brief aan zijn politieke kompaan Valmy Féaux, minister-president van de Franse Gemeenschap. Met de vraag om op te treden tegen de Arabische vrije radio's. Hij rechtvaardigde dit in de volgende bewoordingen: ”Op een slinkse wijze worden de Arabische en moslimmassa’s opgeroepen om zich tegen het Amerikaanse en het Westerse imperialisme te mobiliseren. Deze extremistische en onverantwoordelijke manipulaties dreigen de Maghrebbevolking in Brussel de straat op te drijven. De herinnering aan de manifestatie van april 1986, na de Amerikaanse bombardementen op Tripoli, ligt nog vers in het geheugen. De gevolgen van een dergelijke manifestatie zouden nefast zijn, vooral voor de mensen van Noord-Afrikaanse oorsprong” (11).
Dit is het eerste duidelijke signaal dat de bevolkingsgroepen van Noord-Afrikaanse origine, voortaan verdacht zijn, niet alleen omwille van hun buitenlandse afkomst, maar ook vanwege hun godsdienst en hun anti-imperialistische en anti-Amerikaanse stellingnamen. Een jaar later dringt Picqué opnieuw aan. ”In zijn brief aan Bernard ANSELME over de radiostations van de Arabische frequentie (cf. persmededeling van 23/10/1992), beklaagt Charles PICQUÉ zich erover dat de uitzendingen niet beantwoorden aan ‘de wil van de Brusselse Executieve’” (12). Door aan de “Arabische en moslimmassa's” een recht te weigeren dat anderen wel hebben, nl. het recht om te protesteren tegen een onrechtvaardige politiek, sluit de socialist Picqué de migrantenarbeiders en hun kinderen op in het statuut dat men voor hen sinds hun aankomst hier, bedacht heeft: “Werk en zwijg, ge zijt hier niet thuis!”.

De veiligheidscontracten, de nieuwe goudaders van de “veldwerkers”
De veiligheidscontracten, in 2002 omgedoopt tot veiligheids- en preventiecontracten, slorpen geleidelijk heel het jeugdbeleid op. Ze hebben als doel “een betere integratie van de doelgroepen te realiseren, door middel van projecten als: preventiedienst voor agressie en sensibilisering voor klachten, straathoekwerk, socio-sportieve of culturele animatie, buurthuizen, jongerenhuizen, fan coaching, preventie in scholen, preventieve maatregelen voor ouderen, prostitutie, psychosociale permanenties voor jongeren en gezinnen, risicoberoepen, eerstelijns juridische dienst, bestrijding van het voortijdig schoolverlaten via de bemiddeling van de gemeentelijke school”. De strijd tegen drugsmisbruik is een andere doelstelling. Elk beleid ten aanzien van de jeugd moet dus worden gezien als een beleid van preventie tegen criminaliteit. U wilt een subsidie? Leg dan uit dat u in staat bent om door middel van het organiseren van uw activiteiten jeugdcriminaliteit te voorkomen. En zorg er natuurlijk ook voor dat u werkt in een gemeente met “een hoge criminaliteitsgraad”, want: ”worden weerhouden: de gemeenten die per inwoner de hoogste criminaliteitscijfers hebben. Hierbij wordt niet met elk soort criminaliteit rekening gehouden. Enkel de cijfers die betrekking hebben op autodiefstallen, andere diefstallen (behalve diefstal van fietsen), vandalisme, slagen en verwondingen buiten de familiale sfeer zijn bepalend geweest” (13). Natuurlijk heeft men niet met ”alle vormen van criminaliteit” rekening gehouden. Witteboordencriminaliteit valt uit de boot. De contracten gelden trouwens ook niet voor alle socio-economische profielen: “Zijn opgenomen binnen het systeem van de veiligheidscontracten: de gemeenten die de laagste gemiddelde inkomens per inwoner hebben, die een bevolking hebben van meer dan 10.000 inwoners, en die criminaliteitsproblemen kennen, zonder dat ze daarom noodzakelijk de hoogste criminaliteitscijfers tellen”


De halve maan van de armoede
In het Brussels gewest zijn de gemeenten met het laagste inkomen ook de gemeenten waar het aandeel van de bevolking van de verschillende immigraties het grootst is. De concentratie van de armen? De concentratie van de werkloosheid? De hoogste bevolkingsdichtheid? Het laagste scholingsniveau? De jongste bevolking? Mensen van Marokkaanse en Turkse afkomst? Op al deze vragen is er één enkel antwoord: de “croissant de la pauvreté”, de gemeentes die rond het kanaal de halve maan van de armoede vormen. De gemeenten, waar de opstanden van 1991 uitbraken, en waar sindsdien alle latere revoltes in het Brussels Gewest plaatsvonden. Men zou hieraan kunnen toevoegen dat het risico om onder de armoedegrens te vallen 12% bedraagt voor de Belgen, 22% voor de Zuid-Europeanen, 33% voor de Turken en 54% voor de Marokkanen. We zouden daar nog aan kunnen toevoegen dat de levensverwachting van een kind dat in de croissant geboren is, 76 jaar bedraagt, terwijl een kind geboren in Bosvoorde of Woluwe vijf jaar meer levensverwachting heeft!  Zoals Plouf! vaststelt (14), gaat hier om hetzelfde verschil als dat tussen een kind dat geboren wordt in België en een kind dat geboren wordt in Mexico.

Na de veiligheidscontracten, de deradicaliseringsplannen
Plouf!! is een tijdschrift dat zichzelf definieert als “Een baksteen in het kanaal”. En dat brengt ons natuurlijk bij het ”Kanaalplan tegen islamisme en radicalisering” dat Jan Jambon zo dierbaar is. Vijfentwintig jaar na de opstand van Vorst, worden opnieuw dezelfde gemeenten het doelwit van politie-interventies, opnieuw en opnieuw: “Het Kanaalplan, dat oorspronkelijk alleen voorzien was voor de gemeente Sint-Jans-Molenbeek, is uitgebreid tot zeven andere gemeenten (Brussel-Stad, Koekelberg, Schaarbeek, Sint-Joost-ten-Node, Anderlecht, Sint-Gillis, Vilvoorde) en omvat vijf politiezones. De lokale politie zal met name verantwoordelijk zijn voor de opvolging van de moskeeën en gebedszalen, maar ook voor het lokaliseren van huizen, die onderverdeeld zijn in niet-gereglementeerde huurpanden. De agenten zullen opgeleid worden in het volgen van geradicaliseerde personen. Deze operatie, die de aanwerving van nieuwe politieagenten vereist, zal naar schatting 15 miljoen euro kosten, maar dat cijfer kan nog oplopen” (15).  

Opnieuw meer geld voor repressie en controle. De politie kan voortaan woningen binnendringen zonder huiszoekingsbevel, zoals ons onlangs een tv-reportage van de RTBf toonde: ”Dankzij de 400 miljoen euro van het plan tegen het radicalisme, zijn een 50-tal politieagenten tijdelijk ter beschikking gesteld van de politiezone Brussel-West. Onder hun vele taken vallen huisbezoeken in Molenbeek. Onder leiding van wijkagenten, vallen deze bezoeken onder een nieuwe regeling, die via buurtonderzoeken elke nieuwkomer in de gemeente gaat in kaart brengen. Het doel is dus om de politie te helpen om de nieuwe inwoners beter te identificeren. En dit zonder gerechtelijk bevel” (16). 
Onze leiders zijn meer dan ooit onbekwaam om een sociaal en politiek probleem anders op te lossen dan door steeds maar meer oorlog te voeren en steeds maar meer repressie te organiseren. Degenen die vandaag, zij het zwakjes, protesteren tegen de uitspraken van Bart De Wever of van Jan Jambon, vergeten dat zijzelf de weg gebaand hebben voor dit beleid door een kwart eeuw lang de legitieme aspiraties van een belangrijk deel van de jongeren en van hun families systematisch te ontkennen. En door op elke sociale en politieke eis met repressie en een veiligheidsdiscours te antwoorden.
Iedereen is "verstomd" wanneer jongeren, nu vaak van de derde generatie, hun plaats in deze maatschappij niet vinden en dat er enkelingen tot de meest extreme en de meest verwerpelijke daden overgaan. Het gaat er niet om “het individueel parcours”, “de socio-economische omstandigheden”' en nog minder om “de familiale context” van deze jonge mensen te gaan analyseren om de radicalisering tegen te gaan. Het gaat erom een einde te maken aan het radicalisme van het beleid van onze regeringen. Een einde te maken aan een blinde politiek die alles herleidt tot politieoperaties en oorlog.


4)    idem
7)    Albert Martens, Verdeel en heers, racisme als een strategie, EPO, 1983, bladzijde 98
11) Brief van Charles Picqué bij Valmy-liefhebbende, document beschikbaar in mijn persoonlijk archief.

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Origineel
Il ne s’agit pas d’analyser « le parcours individuel », « les conditions socio-économiques » et encore moins « le contexte familial » de ces jeunes pour faire face à la radicalisation.